L’essentiel
- À l’ aéroport d’Istanbul, un menu de restauration rapide atteint jusqu’à 53 euros.
- Ce tarif représente plus de 10 % du salaire minimum mensuel turc.
- Le hub poursuit son extension pour porter sa capacité à 120 millions de passagers par an.
L’ aéroport d’Istanbul fait face à une vive controverse en raison des tarifs de restauration pratiqués dans ses terminaux, où un simple repas rapide coûte parfois plus cher qu’un vol intérieur. Une formule complète dans l’enceinte de la plateforme hub peut grimper jusqu’à 53 euros, un montant qui suscite l’incompréhension des voyageurs nationaux comme internationaux.
Une hausse des tarifs d’une ampleur inédite
Dans les halls de ce nœud aérien international inauguré en 2018, les prix affichés par les enseignes de restauration dépassent largement les standards habituels. Chez Pasa Döner, l’une des enseignes de vente à emporter situées dans la zone de transit, la formule la moins chère est proposée à 37 euros. Pour un menu comprenant un sandwich, une boisson et un dessert, la note s’élève désormais à 53 euros pour un seul repas.
Un décalage marqué avec le pouvoir d’achat local
Rapporté au pouvoir d’achat local, l’écart s’avère saisissant: ce montant représente plus du dixième du salaire minimum mensuel en Turquie. Cette envolée tarifaire tranche avec la tradition d’accessibilité de la gastronomie turque, où la générosité des portions et la modération des prix constituaient historiquement un argument clé d’attractivité pour les visiteurs de passage.
Le reflet d’une inflation nationale persistante
Au-delà du simple mécontentement des passagers en escale, cette grille tarifaire reflète les pressions économiques profondes subies par le pays depuis plusieurs années. La dépréciation monétaire et l’inflation élevée ont progressivement réduit la taille des portions tout en démultipliant les coûts de fonctionnement des espaces commerciaux aéroportuaires.
La gestion de la plateforme, confiée au consortium IGA, fait régulièrement l’objet de débats quant aux conditions d’attribution des concessions commerciales au sein des terminaux. La concentration des espaces de vente entre les mains de groupes établis contribue à maintenir une pression haussière constante sur la restauration, au détriment des voyageurs occasionnels.
Des critiques répétées sur les tarifs de l’aéroport d’Istanbul
Ce phénomène n’est pas isolé et s’est accentué au fil des derniers trimestres. Déjà au printemps 2025, le niveau des prix pratiqués dans les terminaux stambouliotes avait suscité de nombreuses réactions d’usagers dénonçant des dérives financières. La répétition de ces hausses suscite de régulières incertitudes chez les passagers en transit qui cherchent à se restaurer avant leur vol.
La colère des voyageurs face aux prix pratiqués
Les usagers dénoncent une déconnexion grandissante entre la qualité offerte et le prix réclamé, soulignant que des plats simples de restauration rapide atteignent des niveaux de facturation équivalents aux grandes tables européennes.
Un hub mondial en pleine expansion stratégique
Malgré ces tensions sur les coûts de service, l’infrastructure poursuit sa dynamique de développement à grande échelle. Classé au sixième rang mondial pour le trafic international, le complexe a franchi des pics de fréquentation majeurs, accueillant jusqu’à 290 000 passagers par jour lors des périodes d’affluence estivale.
Une expansion record malgré les controverses
Des travaux d’agrandissement d’envergure sont actuellement déployés pour porter la capacité d’accueil globale de 90 à 120 millions de voyageurs par an, avec pour cible finale un flux annuel de 200 millions de personnes. Bénéficiant d’un positionnement géographique stratégique entre l’Europe et l’Asie, le site entend consolider son rôle de carrefour mondial, même si la question de l’accessibilité de ses services reste au cœur des préoccupations des usagers.