L’essentiel
- Au massif du Canigou, la fermeture de 40 pistes motorisées permet d’accueillir 800 000 visiteurs sans dégrader le pastoralisme local.
- Au Puy Mary, un réseau de navettes connecte les vallées pour 500 000 touristes et les résidents au quotidien.
- À Aix-en-Provence, la régulation des hébergements touristiques et le maintien des commerces de proximité protègent le cadre de vie.
Face à la hausse des flux de visiteurs, le tourisme durable s’impose désormais comme le modèle privilégié de valorisation du patrimoine naturel et urbain français. Lors du salon Sitem à Paris, les acteurs du secteur réunis au sein du réseau « France. Patrimoines & territoires » ont partagé leurs solutions pour préserver la qualité de vie locale tout en maintenant l’attractivité des territoires.
Un équilibre indispensable pour le massif du Canigou
Le massif du Canigou face aux défis de la préservation
Le massif du Canigou, situé dans les Pyrénées, illustre les défis de la gestion des sites naturels. Longtemps accessible par des pistes forestières et des accès motorisés, le site voyait sa biodiversité et son activité pastorale fragilisées par une fréquentation mal encadrée.
Pour protéger cet environnement tout en continuant d’accueillir 800 000 visiteurs annuels, un plan d’aménagement de fond a été mis en œuvre. La fermeture d’une quarantaine de pistes motorisées a laissé place à des pôles d’accueil, des cheminements pédestres et des refuges adaptés. Dans les villages environnants, l’installation de « balcons » permet aux visiteurs de contempler les paysages tout en générant des retombées économiques directes pour les 30 000 habitants du massif.
Des mobilités repensées pour un tourisme durable au Puy Mary
La démarche observée au Puy Mary, au cœur du parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, repose sur une ambition similaire. Confronté à une fréquentation de 500 000 personnes par an, le site a repensé son organisation territoriale pour désengorger ses accès principaux.
Une mobilité et des infrastructures repensées au Puy Mary
Une « maison de site » a été installée dans cinq des sept vallées glaciaires bordant le Puy Mary afin d’accueillir et d’orienter le public. En parallèle, un service de navettes a été déployé pour assurer la liaison vers le sommet. Ce dispositif de transport en commun profite également aux résidents permanents pour leurs déplacements quotidiens d’une vallée à l’autre.
La régulation urbaine au service des habitants d’Aix-en-Provence
En milieu urbain, la préservation de la vie locale constitue un impératif équivalent pour maintenir l’identité des cités historiques. À Aix-en-Provence, la municipalité a engagé des actions ciblées pour préserver la cohésion de son tissu social et commercial.
Aix-en-Provence et la régulation des hébergements
La commune a fortement réduit les locations de courte durée via les plateformes en ligne pour limiter la pression sur le marché du logement. Par ailleurs, la transformation des commerces de proximité en boutiques exclusivement orientées vers la clientèle touristique a été encadrée, afin de préserver l’accès des résidents aux services du quotidien.
L’office du tourisme comme espace de vie partagé
L’office du tourisme réinventé comme lieu de vie
La conception des équipements d’accueil touristique évolue également pour s’intégrer pleinement dans la vie de la cité. L’office du tourisme d’Aix-en-Provence a été pensé comme une structure ouverte aussi bien aux visiteurs de passage qu’aux locaux.
Les résidents représentent aujourd’hui 40 % de la fréquentation de l’office du tourisme, un espace qu’ils fréquentent régulièrement pour organiser des sorties ou accompagner leurs proches. Cette démarche démontre que la valorisation du patrimoine peut concilier dynamisme économique et préservation du cadre de vie.