L’essentiel
- Le gouvernement espagnol approuve un projet de loi étendant l’interdiction de fumer aux terrasses, plages et événements en plein air.
- Les cigarettes électroniques et sachets de nicotine subissent les mêmes restrictions, avec des amendes portées jusqu’à 600 euros.
- Cette réforme vise à réduire la proportion de fumeurs dans le pays, établie aujourd’hui à 25,8 % de la population.
Pour vos prochaines vacances en Espagne, l’interdiction de fumer s’apprête à franchir une étape décisive avec l’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de loi d’envergure. Soumis à l’examen du Parlement, ce texte marque le durcissement le plus ambitieux des deux dernières décennies en matière de santé publique de l’autre côté des Pyrénées.
L’interdiction de fumer en Espagne franchit un cap extérieur
Une interdiction étendue aux espaces de plein air
Le projet de loi vise à combler les vides juridiques de la législation antérieure en ciblant directement les lieux de convivialité et de loisirs en plein air. Désormais, les terrasses de cafés et de restaurants, les plages ainsi que les rassemblements festifs en extérieur seront strictly préservés de la fumée de tabac.
Cette initiative gouvernementale s’inscrit dans un effort continu pour protéger les non-fumeurs du tabagisme passif et ralentir la consommation nationale. Avec encore 25,8 % de la population consommant du tabac au quotidien, les autorités sanitaires entendent créer des environnements entièrement assainis pour les résidents et les voyageurs de passage.
Un encadrement renforcé de la cigarette électronique
Cigarettes électroniques et sachets de nicotine également ciblés
La réforme ne se limite pas au tabac traditionnel et s’attaque directement aux nouveaux usages du vapotage. Les cigarettes électroniques, les mélanges à base de plantes à fumer ainsi que les sachets de nicotine sont désormais intégrés au même régime restrictif et interdits dans l’ensemble des zones d’exclusion du tabac.
Pour soutenir ces mesures, le régime des sanctions financières fait l’objet d’une révision à la hausse. Les amendes pour les infractions mineures passeront de 200 à 600 euros, tandis que la vente de ces dispositifs sera strictement réservée à des commerces spécialisés avec une interdiction totale de vente aux mineurs. Cette décision fait suite aux données sanitaires de 2024 révélant que près d’un adolescent espagnol sur deux âgé de 14 à 18 ans avait déjà essayé le vapotage.
La fin de la publicité et le retour de l’Observatoire
Le volet préventif du projet de loi verrouille également les canaux de communication autour du tabac et de ses dérivés. Toute forme de publicité, de mécanique ou de parrainage devient totalement proscrite sur Internet, via les distributeurs automatiques ou sur tout support média direct et indirect.
Afin de mesurer l’impact de ces dispositions et d’adapter la stratégie nationale, le gouvernement rétablit l’Observatoire pour la prévention du tabagisme, un organisme clé supprimé en 2014. Ce pôle sera chargé du suivi opérationnel des nouvelles normes et de la coordination des initiatives préventives auprès des populations vulnérables.
Évolution législative et perspectives européennes
Ce nouveau cadre réglementaire prolonge les grandes réformes historiques engagées en 2005 et 2011, qui avaient banni la cigarette des lieux de travail, des espaces fermés recevant du public, des hôpitaux et des établissements scolaires. Le texte actuel étend la dynamique prohibitionniste aux espaces naturels et touristiques d’Espagne.
Évolution législative et perspectives européennes
Certains volets très débattus restent toutefois en réserve pour de futures consultations réglementaires. La mise en place de l’emballage neutre pour les paquets de cigarettes et le bannissement des cigarettes électroniques jetables n’ont pas été inclus à ce stade, mais pourraient faire l’objet de textes ultérieurs alignés sur la réglementation européenne.