L’essentiel
- Le retour aux bateaux traditionnels en bois comme les dahabiehs ou les phinisis indonésiens permet de réduire l’impact environnemental et d’accéder à des escales confidentielles.
- Le choix d’un port de départ accessible en train (Nice, Marseille) réduit l’empreinte carbone globale avant même l’embarquement.
- Les propulsions hybrides et technologies propres permettent d’économiser jusqu’à 35 % de CO2 chez les compagnies innovantes.
Pour voyager en phase avec les enjeux écologiques de 2026, la croisière responsable se réinvente à travers des technologies hybrides, le retour de la voile et une approche résolument plus lente de la navigation de luxe. Derrière les brochures bleu azur des compagnies maritimes, le grand large s’invente de nouvelles règles avec des navires plus vertueux, des itinéraires fluviaux intimes et une réduction drastique de l’empreinte carbone.
Miser sur les navires traditionnels
Miser sur les navires et voiliers traditionnels
Pour réduire l’impact de ses voyages en mer, l’une des premières options consiste à privilégier des bateaux conçus pour leur territoire, construits avec des matériaux locaux comme le bois, et dotés d’une capacité d’accueil réduite. Les dahabiehs sur le Nil, les jonques sur le Mékong ou encore les phinisis indonésiens offrent une alternative intimiste qui préserve les savoir-faire traditionnels et évite la saturation des grands terminaux. Cette approche traditionnelle n’exempte toutefois pas d’une vigilance stricte concernant la motorisation d’appoint, le traitement des eaux et la gestion des déchets à bord.
L’Égypte et l’Indonésie au rythme du vent
Sur le Nil, la compagnie Lazuli Travel Bureau perpétue l’usage de la dahabieh, ce voilier en bois traditionnel reconnaissable à ses deux voiles latines. Accueillant entre 10 et 20 passagers selon le modèle, ces embarcations descendent lentement le fleuve entre Esna et Assouan, s’appuyant sur l’énergie solaire pour ses équipements et filtrant les eaux usées avant rejet. En Indonésie, Rascal Voyages navigue entre Komodo et Raja Ampat à bord de phinisis de 30 mètres façonnés à la main, limitant la jauge à dix passagers pour des escales confidentielles tout en finançant la restauration des récifs coralliens locaux.
· Lazuli Travel Bureau · Tarifs sur devisBR· Rascal Voyages · Tarifs sur devis
La croisière responsable au fil des rails
Rejoindre son port d’embarquement en train
L’impact environnemental d’un voyage commence bien avant l’embarquement, d’où l’intérêt de rallier son port de départ en train plutôt qu’en avion. En choisissant des points de départ connectés au réseau ferroviaire européen, les voyageurs réduisent considérablement leur empreinte carbone globale. Pour maximiser ce bénéfice écologique jusqu’au bout, il est recommandé de privilégier des itinéraires en boucle revenant au port d’attache initial ou s’achevant dans une métropole parfaitement desservie par le rail.
De Nice à Marseille sans l’avion
Les ports français offrent d’excellentes opportunités de liaisons ferroviaires directes. Nice, accessible directement en TGV, permet d’embarquer à bord du trois-mâts Le Ponant ou d’un yacht intimiste de SeaDream. Au printemps 2027, le voilier classique Sea Cloud II y proposera également des traversées à destination de l’Italie. À Marseille, à seulement trois heures de Paris en TGV, les catamarans de Catlante Catamarans hissent les voiles pour rejoindre Porquerolles et Saint-Tropez dès que les conditions de vent le permettent.
Les technologies au service de l’environnement
Miser sur les propulsions hybrides et l’innovation
L’innovation technique constitue un levier majeur pour atténuer l’impact des flottes modernes. Les motorisations hybrides équipées de batteries permettent aux navires de couper leurs moteurs thermiques à l’approche des côtes, dans les fjords ou près des zones écologiques protégées. Pour guider le choix des voyageurs, des organismes comme Green Marine Europe évaluent rigoureusement les performances environnementales des compagnies sur des critères stricts allant du traitement des eaux usées à la réduction du bruit sous-marin.
Du silence hybride aux voiles rigides
La compagnie norvégienne Havila Voyages exploite des navires équipés de batteries de 6,1 MWh rechargeables à quai, permettant jusqu’à quatre heures de navigation silencieuse et sans émissions dans des espaces fragiles comme le Geirangerfjord. De son côté, Explora Journeys intègre la réduction catalytique et la connexion électrique à quai. Enfin, l’Orient Express Corinthian, voilier de 220 mètres doté de trois voiles rigides SolidSail de 1 500 m², propose une propulsion hybride qui allie la force du vent au gaz naturel liquéfié pour un confort ultra-luxe exclusif de seulement 110 passagers.
· Havila Voyages · Traversées à partir de 182 eurosBR· Explora Journeys · Croisières à partir de 1 960 eurosBR· Orient Express Corinthian · Croisières à partir de 17 700 euros
Privilégier les fleuves aux océans
Privilégier la poésie de la navigation fluviale
S’affranchir des immensités océaniques au profit des réseaux fluviaux favorise une navigation plus douce et des escales au cœur des territoires. Si le format fluvial est intrinsèquement plus intimiste, il exige tout de même une attention particulière quant à la motorisation des navires et au respect des écosystèmes d’eau douce. La technologie des roues à aubes ou la propulsion par jets s’imposent alors comme des solutions douces pour préserver les lits fragiles des fleuves.
Du Danube au Zambèze en petit comité
Sur la Loire, CroisiEurope exploite le Loire Princesse, un navire équipé de roues à aubes latérales adapté aux faibles profondeurs du fleuve. En Afrique, le Zambezi Queen propose un safari aquatique haut de gamme sur la rivière Chobe avec 14 suites luxueuses et une motorisation par jets préservant les fonds. Enfin, l’Amadeus Nova sillonne le Danube depuis 2024 grâce à une propulsion hybride diesel-électrique avancée et un système ingénieux de récupération de la chaleur des moteurs pour limiter sa dépendance énergétique.
· CroisiEurope · Tarifs selon la date de départBR· Zambezi Queen · Croisières à partir de 573 eurosBR· Amadeus Nova · Croisières à partir de 1 285 euros
Ralentir pour mieux voyager
Ralentir l’allure générale d’un itinéraire permet de s’imprégner durablement d’une région tout en limitant la consommation de carburant liée aux vitesses élevées. Les voyages prolongés, les nuits passées à quai et les excursions douces en kayak ou à vélo favorisent des retombées positives pour les communautés d’accueil. Les péniches-hôtels de Belmond illustrent parfaitement cette philosophie en naviguant sur les canaux de Bourgogne ou de Provence à un rythme de quelques kilomètres par jour, tandis que l’Aqua Mekong propose des explorations approfondies entre le Cambodge et le Vietnam.
· Belmond · Tarifs sur devisBR· Aqua Mekong · Croisières à partir de 3 458 dollarsBR· Peter Sommer Travels · Croisières à partir de 3 841 euros
L’ambition polaire du futur Captain Arctic
Prévu pour prendre la mer en janvier 2027, le Captain Arctic de la compagnie Selar incarne l’avenir de l’exploration polaire durable. Ce navire d’expédition de 70 mètres accueillera 36 passagers et se distinguera par ses cinq voiles rigides rétractables de 35 mètres entièrement recouvertes de panneaux solaires. Conçu pour réduire les émissions de CO2 de 90 % par rapport aux unités classiques, ce laboratoire flottant se passera d’énergies fossiles en mer en s’appuyant sur le vent et le soleil, tout en intégrant des technologies de traitement de l’eau par osmose inverse et un chauffage vertueux aux granulés de bois.
· Captain Arctic · Premier départ en janvier 2027 · À partir de 6 780 euros
Cet article repose sur des données publiques de l’industrie maritime et touristique. La Revue n’a reçu aucune contrepartie financière pour cette publication.